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Il était une fois... Rouge de Lunevieille

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MessageIl était une fois... Rouge de Lunevieille Dim 23 Nov - 18:14


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Coucou à tous!
Il y a quelques temps, j'ai écrit cette version remaniée du Petit Chaperon Rouge pour un concours auquel je n'ai finalement pas participé. En fouinant dans le forum je suis par hasard tombée ici et je me suis alors dis que c'était l'endroit idéal pour poster cette histoire qui commence par il était une fois. Je l'ai écrite bien avant de regarder la série, et je remarque qu'elle colle un peu avec l'univers. Je n'en dis pas plus, je vous laisse à la lecture! Surtout, dites-moi ce que vous en pensez, j'en ai besoin pour m'améliorer Wink

   

   
   
Rouge de lunevieille
   
   
   


   
Il était une fois, au plus profond de la forêt de Lunevieille, vivait une jeune et sa famille. Elle s’appelait Kaya, mais dans le camp, tout le monde     l’appelait Rouge, car depuis toujours c’était sa couleur préférée, celle du sang mais aussi celle des fleurs, et de l’astre lorsqu’il sombrait vers l’horizon. Elle était une jeune comme les autres, pleine d’énergie, prête à tout pour plaire aux autres, elle aimait s’amuser avec ses amis et son grand frère, Kunaï, chasseur aguerri. Mais ce qu’elle aimait par-dessus tout, c’était chanter, elle chantait sous la pluie, dans la nuit, dès qu’elle en avait l’occasion. C’était dans sa nature, elle était particulière, son caractère était hors du commun, jamais personne avant elle n’avait eu autant de vitalité et de joie de vivre. Sa mère pensait que c’est une qualité qui ferait d’elle quelqu’un de bien et de grand. Mais elle, était persuadée que c’était ainsi et que rien ne l’arrêterait jamais, rien ne pouvait la briser.

Endormie au pied d’un arbre, dans le froid de l’hiver, la douce lumière du soleil inondait son visage et la réchauffait quelque peu. Elle s’était assoupie et savait qu’elle n’aurait pas dû, il lui était désormais presque impossible d’ouvrir les yeux. Ses muscles étaient ankylosés par le gel, alors, déterminée, elle décida de s’étirer longuement avant d’ouvrir complètement les yeux. Son regard embrassa le paysage d’un jour  blanc comme les précédents mais d’un jour plein de promesses. Elle avait encore tellement de choses à découvrir en cette fin de journée, elle ne devait en aucun cas perdre plus de temps. Elle se leva et traversa en courant la place centrale, bousculant son frère au passage. Sa mère lui hurla au loin de ne pas rentrer trop tard et de ne pas trop s’éloigner.

Elle était partie gambader dans la forêt comme à son habitude, profitant de la solitude et du calme des bosquets, sans toutefois trop s’éloigner du camp. Sa mère l’avait souvent mise en garde, il ne faisait pas bon pour des jeunes comme eux de rester trop longtemps et tard dans ces bois, il était habité par un animal très dangereux, qu’elle n’avait jamais vu. Même dangereux, Rouge mourrait d’envie de savoir à quoi il pouvait bien ressembler. Son frère, comme tous les autres, était terrifis à l’idée d’aller dans les bois, persuadé de l’existence de la ‘Bête’. Un jeune avait déjà péri par le passé, tué par la ‘Bête’ alors qu’il se promenait dans les bois. Rouge, elle, pensait que ce n’était qu’une légende que les adultes avaient créé pour que leur progéniture ne cavale pas par monts et par vaux. Mais elle n’était pas sotte, elle ne croyait pas à toutes ces âneries, elle avait juste envie de liberté, son rêve était de découvrir le monde qui l’entourait.

L’astre avait déjà entamé sa descente dans le ciel qui rougeoyait de plus en plus lorsque Rouge atteint son coin préféré. C’était là qu’elle cachait tous les petits trésors qu’elle amassait au fil de ses escapades. Des objets d’un autre monde selon elle, sans grande valeur mais importants à ses yeux. Son haleine formait de la buée, la forêt tout autour d’elle était de plus en plus silencieuse, on entendait seulement le crissement de ses pas dans la neige franchement tombée. Rouge fredonnait tout en avançant, quand soudain, son cœur rata un battement. Elle était face à une étrange empreinte de pas qu’elle n’avait jamais vue auparavant. Un frisson lui parcourut la colonne vertébrale et ses poils se hérissèrent. Elle qui connaissait la forêt par cœur, découvrir quelque chose de nouveau. Cette empreinte ressemblait en tous points aux descriptions faites par son grand-père dans son enfance lorsque ce dernier leur racontait des histoires au coin du feu. Rouge recula lentement en regardant autour d’elle ma se heurta rapidement à un rocher. Elle se retourna, haletante en entendant comme un grognement sourd dans les fourrés. Et c’est là qu’elle le vit. Elle pouvait apercevoir sa fourrure brune et ses grands yeux noirs sombres comme les ténèbres. Elle déglutit et lorsqu’il poussa un cri terrifiant, elle se mit à courir. Peu lui importait la direction, elle devait fuir cette bête au plus vite.

Elle s’arrêta au bout de quelques minutes, haletante et écouta attentivement les alentours à la recherche du moindre bruit. Mais aucun bruissement, aucun souffle, aucun craquement, rien. La nuit était belle et bien tombée et tous les habitants de la forêt étaient rentrés dans leurs nids. Rouge priait intérieurement que la ‘Bête’ ne l’ait pas suivie. Elle ne savait pas de quoi cet animal était capable, d’après la légende, il était le plus dangereux, et il ne les craignait pas. Et qui sait s’il était seul ou s’ils étaient nombreux. Elle repéra rapidement le chemin du retour, elle avait perdu beaucoup de temps à courir, son père allait être fou de rage.

R
ouge eut le droit aux réprimandes en rentrant chez elle mais ne fut pas punie, sa mère était trop soulagée de la voir revenir vivante. Elle prétexta qu’elle s’était éloignée plus que d’habitude et que le retour avait été plus long, mais elle vit dans le regard de Kunaï qu’il avait compris qu’elle mentait. Mais si elle avait évoqué sa rencontre avec la ‘Bête’ que tout le monde craignait, elle n’aurait jamais plus eu le droit de retourner dans la forêt, ou pire, on l’aurait prise pour une menteuse. Elle avait donc préféré ne rien dire, ce qui mettait les autres en danger si l’animal qu’elle avait vu était bien celui dont parlait les légendes. Mais elle ne voulait pas renoncer à sa liberté.

Une semaine passa et sa mère lui avait confié la mission de rejoindre son grand-père pour s’assurer qu’il n’était pas souffrant. Il habitait de l’autre côté de la forêt, mais il existait un chemin qui la contournait. Il était beaucoup plus long, mais Rouge, ne voulait pas se risquer dans le fin fond des bois. Elle devait donc se mettre en marche le matin même pour être sûre d’arriver à la nuit tombée.

Elle embrassa sa mère et son père, en essayant de cacher sa peur. Son frère la mit mal à l’aise en lui lançant un regard plein de reproches, mais elle détourna le regard et partit, déterminée, sans même se retourner.

Une fois arrivée au croisement, elle se dit qu’elle avait toutes les chances de rencontrer la Bête si elle voyageait une journée durant, elle décida donc, à contre cœur, de traverser la forêt. Elle serait chez son aïeul dans quelques heures seulement. Au fur et à mesure de sa traversée, sa joie de vivre reprit peu à peu le dessus et elle sifflotait en gambadant sur le chemin. Elle s’amusait avec un oiseau mais ne vit pas les deux yeux qui la fixaient. Elle riait, chantait et toute idée de la Bête s’était envolée de son esprit.

’’Tu me suis petit oiseau ? Allez viens avec moi, je vais voir mon grand-père à la lisière de la forêt ! ’’

Ce qu’elle ne savait pas, c’était que la Bête avait tout entendu. Elle se précipita à travers les bois pour arriver avant la petite dans la maison de l’ancien. Mais Rouge continua son chemin, guillerette et inconsciente de ce qui allait se produire. Elle arriva devant chez son grand-père, et pour rire, prononça les mots qu’il lui avait appris étant enfant.

‘‘Chante toute la nuit et la Lune te le rendra’’ annonça-t-elle. N’entendant pas de réponse, elle passa la tête et entra dans l’antre paternelle.
‘‘Grand-père ? Tu es là ?’’ Une quinte de toux lui parvint comme seule réponse. Elle s’approcha de sa couche et dans le noir se roula en boule près de lui.

« -Comme tu es froid grand-père ! dit-elle en frissonnant.
-C’est l’hiver mon enfant, j’ai attrapé un vilain rhume, répondit-il la voix rauque.
-Comme ta peau et douce !
-C’est pour mieux te consoler mon enfant.
-Comme tes yeux sont grands et sombres !
-C’est pour mieux te voir dans la nuit mon enfant.
-Comme ta griffe est étrange, elle est froide et luit dans la lumière !
-C’est pour mieux t’attraper ! »

A ces mots, la Bête se redressa, elle était immense et dépourvue de poils et une lueur de folie brillait dans ses yeux. Elle planta sa lame luisante dans l’épaule de la pauvre Rouge qui gémit de douleur. Puis, elle abattit un énorme sac sur elle, qui, apeurée n’eut pas le temps de bouger. Elle se retrouva enfermée et se débattit comme une diablesse pour essayer de sortir. Elle commença à sangloter, ballotée par son bourreau, mais bientôt tout s’arrêta, elle percuta le sol en gémissant et entendit des hurlements.

Kunaï, inquiet de ce que sa sœur avait caché à leurs parents, avait décidé d’emmener deux de ses chasseurs avec lui afin de s’assurer qu’elle n’avait rien. Il s’était attaqué à la Bête avec courage pendant que l’un de ses camarades défaisait les liens de Rouge. Ce dernier l’entraina loin du combat et lui fit promettre de ne pas bouger. Elle resta un instant tapie dans un coin mais lorsqu’elle entendit le hurlement de douleur de son frère, son sang ne fit qu’un tour et elle bondit hors de sa cachette. Mais c’était trop tard. Le corps de son sauveur gisait dans une mare de sang. Elle se sentit vaciller et se jeta sur lui.

« Non ! hurlait-elle. Non Kunaï, tu ne peux pas mourir ! »

Elle enfouie sa truffe dans le doux pelage noir de son aîné et gémit de douleur. Mais son corps était désormais froid et sans vie. Il avait donné sa vie pour elle, elle s’en voudrait pour le restant de ses jours. Sa patte retomba lourdement sur le sol. Au loin, ses deux congénères se battaient corps et âmes pour vaincre ce démon. Il avait réussi à les repousser, mais il titubait, signe de sa fatigue.

« Je suis un homme, rien ne peut me vaincre ! Je suis plus fort que... »

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase, l’un des chasseurs l’avait violemment bousculé et  il avait basculé dans la rivière toute proche,  sa tête percutant un rocher dans un bruit sourd. Son corps retomba inerte sur le sol. Rouge, encore sous le choc, s’avança vers cet être insignifiant qui avait ôté la vie d’un des membres les plus chers à ses yeux. Son corps était dépourvu de poils sauf sur le dessus du crâne, il était enveloppé dans une fourrure artificielle étrange et se déplaçait sur deux jambes seulement.

« Tu es peut-être un homme, mais désormais, tu es mort », dit-elle d’une voix forte mais peu assurée. L’un des chasseurs vint lui donner un coup de museau pour lui signifier qu’ils devaient partir. Son grand-père avait été retrouvé dans la caverne, sans connaissance, mais il était en vie et il revenait vivre au camp avec eux. Rouge regarda une dernière fois le corps de son frère désormais disparu et s’engagea sur le chemin du retour en regardant le ciel. Il veillait désormais sur eux, là-haut, dans la grande Toison d’argent.

Cette fois-ci, la Lune ne les avait pas protégé, elle et ses frères, mais elle se jura que désormais, elle ne quitterait plus le camp seule et qu’elle ne cacherait plus rien à sa Meute, surtout s’il en allait de la vie de nombre d’entre eux. Elle devint chef, mais l’histoire de son frère resta gravée à jamais dans sa mémoire. Elle se jura de protéger les siens mais surtout de ne plus jamais, au grand jamais, approcher ce qui ressemblait de près ou de loin à un Homme, ce qu’elle fit. Parole de Louve.

Voilà pourquoi de nos jours, les loups fuient les hommes, car ils ne craignent ni la Lune, ni les crocs.

©️Wolfy
   

   

   


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