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Evasion

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MessageEvasion Mer 4 Juin - 19:21


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∂6 Conte : Légendes Affricaines
Rubis : 155



Voir le profil de l'utilisateur http://ouatrpg.forumactif.org/f38-ellaria



Liste des Participants : 1° Ellaria / 2° Hans
Contexte  du sujet : Elsa vient de lever la malédiction qu'elle avait jeté sur Arendelle et a sauvé sa soeur, Hans a été ramené chez lui et emprisonné

Période de la journée : au coeur de la nuit
Météo : Pluvieux et maussade le brouillard et la nuit sans lune sont idéaux pour une évasion.
" Evasion "
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Délivrance
H

ans.....Pauvre Hans, qui n'a jamais fait que ce qu'on l'a poussé à faire, sans le vouloir peut être, sans le savoir sans doute, mais malgré tout Hans n'est que le produit de son éducation, une éducation ratée. Etre le dernier d'une longue fratrie n'est pas facile, d'autant plus dans une famille noble car les rôles sont déjà pourvus et l'on est la cinquièmle roue du carrosse. Ses parents n'ont pas su lui ôter cette impression, cette image de lui-même. De là est venue l'insécurité, puis la jalousie et, finalement, les actes. Tout était prévisible. Tout était prévu d'ailleurs. Là encore j'aurais peut être pu intervenir, mais qu'aurais-je pu dire à cet enfant qu'il aurait entendu ? Cela aurait du venir de ses parents, ce sont eux les monstres dans cette histoire, même s'ils n'en ont pas conscience, même s'il leur sera facile de rejeter la faute sur lui. Peut être même est-ce parce qu'il se savent, au fond d'eux-même, coupables qu'ils rejetteront la faute sur lui, pour mieux se dédouaner, pour mieux se convaincre. Mais qu'importe qui l'on blâme, une petite voix au fond de notre âme sait ce qu'il en est, et cette petite voix les tourmentera jusqu'à leur mort, comme elle me tourmente depuis toujours et à jamais. Qu'importe les raisons que l'on invoque ou les excuses que l'on se donne, cette petite voix sait ce qu'on aurait du faire, ce que l'on n'a pas fait. Elle sait ce qui fait de nous des monstres et ne manque jamais de nous le rappeler.

C'est ce qu'ils ont fait, j'observais, simple oisillon dans les toitures, j'ai vu le regard dur de sa mère, j'ai vu le désespoir dans les yeux du prince, j'ai vu et compris ce qui se jouait ici. Hans était un déshonneur, d'ici peu il se suiciderait, de lui-même ou aidé par un garde et l'honneur de la famille serait lavé. Mais je ne voulais pas laisser cela arriver. D'autant que peu après j'avais appris qu'il était officiellement condamné à mort, le doute n'était donc plus permis quant à ce qui arriverait ensuite.

J'avais longuement réfléchi, j'avais longuement hésité, on n'intervient pas sans risque dans ce qui est, mais j'avais la conviction que le libérer ne perturberait pas l'équilibre, au contraire, peut être que cela permettrait à Elsa et à Hans de s'offrir, chacun, une seconde chance. Et l'un comme l'autre avait besoin de revoir la façon dont ils se regardaient.

J'avais donc attendu la nuit, Hans était dans une geôle fort peu confortable pour un prince, il était dans un cellule classique, sa famille tenait vraiment à l'humilier, à le punir, à le briser. Cela m'arrangeait néanmoins, un Prince serait surveillé, un criminel l'était bien moins, d'autant qu'il ne semblait guère avoir des velléités d'évasion. Hagard, perdu il se contentait de revoir encore et encore le regard lourd de reproches de sa mère. J'avais pu constater que les humains s'attachaient particulièrement à leur parent de sexe opposé. Les dires d'un père sont tout pour une jeune fille quand le regard d'une mère a tout pouvoir sur un garçon. Il aurait pu décevoir son père et s'en remettre mais voir sa mère se détourner de lui était une des pires épreuves qu'il puisse subir.

Il était dans sa prison depuis quelques jours à peine quand je pus, enfin, pousser un de ses valets à le libérer à la faveur de la nouvelle lune. Chuchoter à l'oreille du jeune enfant ne fut pas difficile, Hans et lui s'entendaient bien pour avoir tous deux de nombreux grands frères pas forcément aimables, et puis il devait de toute façon quitter le royaume peu après ce qui le mettait à l'abri des poursuites. Insignifiant, discret, il était tel une ombre dans le château et vu sa timidité je doutais qu'un seul membre de la famille royale ait vent de son existence, nul n'irait le suspecter.

Il avait donc pris la route des geôles et j'avais participé à l'évasion en endormant le garde de service, prendre la clef fut facile, ouvrir la porte également, convaincre Hans de partir un peu moins mais il semblait si hagard sur l'instant que je ne suis pas sure qu'il ait eu conscience de ce qui se passait, c'est donc par un brusque courant d'air glacé que je l'aidais à se décider. Il faut dire que l'annonce de sa condamnation avait été faite le matin-même et qu'il n'avait pas été épargné à Hans de savoir que si les débats avaient été animés la plus virulente avait été sa mère demandant la peine capitale. Elle l'avait emporté de peu.

Finalement il sortit et réalisant l'opportunité qui s'offrait à lui se mit à courir, ni lui ni le valet ne savait que j'avais participé à cette évasion, ni lui ni le valet n'avait la moindre idée de mon existence, et c'était très bien ainsi. Avec son arrogance naturelle Hans pourrait s'imaginer être exceptionnel s'il savait qu'une mage l'avait aidé à s'enfuir. Il n'était pas encore capable de comprendre la compassion.

Tandis qu'il tournait dans les couloirs, sachant exactement où aller puisqu'il avait grandi dans ce Palais, je détournais les gardes et autres domestiques de son chemin, qui se souvenait soudain d'avoir oublié ses clefs, qui avait faim et se détournait de sa route, qui se retrouvait à trébucher bêtement sans raison apparente.... Bref la voie était libre pour Hans jusqu'à ce que l'un de ses frères ne sorte de la chambre dune servante à l'improviste, avant que j'ai pu intervenir. Je suis puissante mais pas omnisciente ni omnipotente, celui-là n'était pas prévu au programme puisqu'il aurait du se trouver dans une autre aile du château. Je ne pouvais intervenir sans me faire remarquer et donc connaitre, du moins pour l'instant, je restais donc silencieuse et invisible, attendant la suite, prête à aider dès que je le pourrais sans risquer d'être démasquée.
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MessageRe: Evasion Mer 4 Juin - 21:24


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∂6 Conte : La reine des Neiges
Rubis : 98



Voir le profil de l'utilisateur http://ouatrpg.forumactif.org/f67-hans-westerguard


Tes souvenirs se bousculent tous dans ta petite caboche de menteur, tous les mêmes apparemment, pas un de vraiment joyeux. Bien sûr, quel méchant d'une histoire a des souvenirs heureux, dis-moi ? Aucun, ou du moins très peu, trop peu !
Toi tu ne te souviens pas avoir vraiment été heureux, l'as-tu déjà été ?
Peut-être l'as-tu été, seulement peut-être, tu ne sais plus où donner de la tête. Où en es-tu ?
Quel est ton souvenir heureux dans ta vie ? Tu ne sais plus ?
Tu te souviens de toutes ces fois où ta mère t'a souri, et toi misérable, tu souris aussi, dans le vide, repensant à ces jours où ta mère t'aimait; ou plutôt où tu pensais que ta mère t'aimait. T'a t'elle seulement aimer un jour ? Voilà la question qui te ronge...Car maintenant tu sais qu'elle te hait, tu l'as vu dans son regard ! Les yeux sont le miroir de l'âme, tu sais que si tu as vu la haine dans ses yeux, alors c'est que dans son âme et son coeur, elle te hait ! Cette horrible haine sèche...
Et Sitron, ton fidèle destrier, tu t'en souviens ? Il a presque grandi avec toi. Vous vous connaissez bien tous les deux, n'est-ce pas ? Mais tu sais que c'est ton douzième frère le convoitant depuis longtemps qui l'a récupéré, on dit qu'il a fier allure désormais avec ce cavalier; et tu sais que ton douzième frère est un bien meilleur cavalier que toi !
Mais à ces pensées tu verses une larme, cognant dangereusement ta tête contre la paroi - une seule fois seulement - dure et pierreuse de ta minuscule cellule, tu voudrais que ce ne soit qu'un mauvais rêve, que tu n'aies jamais fait tout cela et qu'en t'assommant tu te réveilles.
Et puis tu fermes les yeux, tu t'endors, tu n'as plus que cela à faire de toute façon, dormir en attendant ton jugement. Et dans tes rêves tu revis ce que tu as vécu quelques heures à peine, en débarquant dans ton royaume natal.

****

On le jeta aux pieds de la famille royale, on l'obligea à s'agenouiller devant son père, sa mère, ses frères qui étonnés le regardèrent ainsi positionné, ainsi enchaîné.
Le regard surpris se mua chez tout le monde en regard haineux quand le roi reçut la réponse à sa question "Mais que se passe t-il donc pour que mon fils soit enchaîné ainsi ?!".
Et le roi avait aussitôt déclaré qu'on le jette en prison en attendant de statuer sur son sort.

Les douze frères aînés avaient regardé leur cadet être emmené. Ils avaient l'air si hautains envers lui. Son père le regardait sévèrement comme n'importe quel roi juste et impartial. Et la mère...
Hans avait jeté un dernier regard à sa mère, un regard désolé et triste.
La mère l'avait regardé avec un regard si haineux, une moue si haineuse. Le coeur du prince pas encore déchu s'arrêta quelques instants, il sentit son petit coeur se briser en un milliers de morceaux et son âme se morceler peu à peu.
Mais de la haine de sa mère, il n'avait pas encore tout vu. Il n'avait pas encore aperçu toute l'étendue de sa haine !

On le jeta sans ménagement dans cette cellule froide, à coups de pieds dans le derrière - sans plaisanter - les gardes qui le détestaient d'un seul coup maintenant riant de son sort en disant qu'il méritait la sentence qu'il allait avoir. Non, il n'était vraiment pas aimé.
Il s'était adossé contre la paroi dure et humide de la cellule, heureusement on lui avait au moins ôté ses chaînes; il avait encore les marques des fers à ses poignets d'habitude si solides, marques qui disparaîtraient au cours de sa fuite future, recouvertes par la boue et la poussière des chemins empruntés.
Il avait froid, il n'avait que son pantalon, ses bottes et n'était couvert que par sa chemise blanche. On lui avait retiré son manteau. Il faisait tout de même assez froid, même pour les Îles du Sud.

________________

De leur côté, les membres de sa famille statuaient sur le sort de Hans.


-Qu'il soit déchu ! lança le deuxième frère.

-Il n'a rien à faire dans notre famille, renions-le, et bannissons-le de nos terres ! s'exclama le quatrième frère, aussitôt approuvé par le neuvième et le dixième.

-On devrait l'exécuter, proposa sobrement la mère. Le déchoir de ses titres et privilèges, le renier de notre famille, effacer son nom de notre généalogie, faire comme s'il n'avait jamais existé. Et surtout l'exécuter aux yeux de tous.

Tout le monde fut surpris de la décision. Mais le débat continua, on demanda à la Reine Mère d'attendre encore un peu avant de relancer ce genre de décision, ce qu'elle fit.

****

Tu te réveilles soudainement.
Tu ne sais plus du tout depuis combien de temps tu es là mais tu t'en fiches. Il fait nuit. Le temps n'est pas au beau temps, loin de là, on dirait qu'il va avec ton humeur; ou plutôt voilà la météo assortie à ton humeur.

Le matin même on t'avait apprit que dès demain tu serais mort. Ton destin avait été scellé par les débats houleux entre les membres de ta famille.
On avait demandé ton bannissement, à ce que l'on te renie, qu'on t'ignore à jamais, effacé de l'histoire de ta famille comme si tu n'étais jamais né. Mais ta mère avait demandé ce que tu n'osais toujours pas croire.
Elle t'avait condamnée à mort.
Et tout le monde, tu le sentais, semblait heureux que le prince menteur, déchu de ses titres, celui qui avait failli commettre l'irréparable pour obtenir un pouvoir qui n'était pas sien, allait mourir dès demain.
La nouvelle t'avait abattue. Tu avais beaucoup pleuré, pitoyable être !
Mais il y ait quelque chose que tu n'attendais pas...
Tu ne t'attendais vraiment pas à ce quelqu'un t'ouvre la porte de ta cellule. Qui était cet enfant qui te disait de partir et t'offrait une chance ?
Cet enfant, tu crois le reconnaître. N'est-ce pas le petit Nicodème, jeune serviteur avec qui tu t'entendais assez bien, puisque vous avez comme point commun d'avoir des grands frères peu aimables et sympathiques envers vous ? Tu ne savais plus trop, et puis tu ne pouvais même pas réfléchir à ce qu'il disait. Et c'est un courant d'air glacé qui te décide enfin à bouger !
Tu sors. Tu réalises enfin ce qu'il se passe.
Tu regardes le serviteur, gravant son visage dans ta mémoire de faible et piètre traître pour t'en souvenir à jamais, et sans même dire merci, ne versant qu'une larme, tu fuis tel un lâche.

Tu sais où aller, tu as grandi dans ce château.
Tes pas te mènent au loin, mais soudainement tu tombes nez-à-nez avec un de tes frères.
Ton sixième frère te regarde un instant, surpris, croyant avoir une hallucination.
Toi tu t'arrêtes, figé par la peur.
Puis se rendant compte de ce qu'il se passe il se jette sur toi, il est si arrogant lui aussi qu'il croit qu'il va t'arrêter dans ta fuite. Toi, tu l'esquives avec aisance et tu cours en jurant. Il te rattrape mais tu es plus rapide. Enfin il donne l'alerte.
Et tu cours plus vite. Tu as toujours été un peu plus rapide qu'eux tous.

Enfin dehors, le château est derrière toi, mais tu restes dans l'enceinte de la ville, et la quitter n'est pas chose aisée; tu as grandi toujours dans ce château, jamais trop sorti dans la ville...
Et tu cours, tu cours à en perdre haleine, derrière toi, gardes et frangins juste derrière toi. Les uns avec leurs lances, les autres avec leurs épées, à l'exception d'un parti chercher ses chiens.

Et tu cours, tu cours à en perdre haleine.
Des larmes brouillent ta vue.
Tu cours sans t'arrêter, sans te retourner...

Et tu cours, tu cours à en perdre haleine.
Ne cesseras-tu donc jamais de courir, Hans ?







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